aliment et ses représentations

Il s’agit de proposer une réflexion sur le sens contemporain du terme fourniture (la chrématistique) pour penser les mutations de nos habitudes alimentaires. Et proposer une série de réflexions sur le sens même des termes aliment, ou encore trophè dans la pensée aristotélicienne, le sens du terme chrématistique et fourniture, le sens de cette lente et profonde séparation pour l’être d’avec l’aliment. Il s’agit de le montrer à partir de différents éléments majeurs de le pensée : le premier a consisté a remplacer le sens de la chrématistique par l’économie (autrement dit la privatisation systématique du réel), le deuxième a consisté à oublier le sens de l’aliment pour ne le penser qu’à partir de l’industrie, le troisième a consisté à séparer – c’est l’œuvre de la pensée philosophique – les concepts d’aliment et d’élément au point que nous sommes incapables d’en penser les conséquences, le quatrième, est l’incapacité systématique que nous avons d’ouvrir l’alimentation à des processus analytiques et le cinquième, consiste à saisir les systèmes de représentation (littéraire et artistique) : il s’agit en somme d’une forclusion assez radicale qui exclut l’aliment de tout rapport philosophique, métaphysique, esthétique et artistique parce qu’il maintiendrait ou contiendrait encore un défit métaphysique. Ce défaut métaphysique est la fondation du concept de consommation.

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