Banquet Ventre-Dieu

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Arles, les Alyscamps, le 10 juin 2016
École nationale supérieure de la photographie
Banquet servi pour 200 convives par
Fabien Vallos & Quentin Carrierre,
Tanguy Gatay, Diane Moulenc, William Nefussi,
Léia Vandooren & Iris Winckler

 Koiliodaimôn signifie donc ventre-esprit ou ventre-dieu, c’est-à-dire celui qui fait de son ventre un esprit. Daimôn a aussi le sens de destin et plus précisément de partage. L’idée d’un ventre-partage. Le banquet une fois encore est dressé mais à la condition qu’il éprouve, ici, l’idée collective d’un partage. L’adresse du banquet suppose que nous venions avec notre pain et nos couverts. Il répond ainsi à cette formule que Marcel Broodthaers donnait en 1974 (lors d’un entretien avec Irmeline Lebeer) à propos de la profusion des coquilles d’œufs dans ces œuvres : «mais sur la table où il y a trop d’œufs il y manque le couteau, la fourchette et l’assiette». Mais cette absence est fondamentale en ce qu’elle permet de «faire parler l’œuf à table» ou ajoute-t-il «pour que le spectateur ait une idée originale sur la poule». Ainsi si l’on vient avec son pain et ses couverts, c’est pour que puisse se montrer l’image non pas de quelque chose, mais d’un usage laissé en suspens. Ici l’usage est double, il est à la fois plastique en tant qu’il fait parler le réel et lui laisse la possibilité d’une teneur poiètique dans l’épreuve d’une adresse avec nous et avec notre étonnement devant ce qui advient et à la fois théorique en tant qu’il affirme, toujours, la nécessité de la puissance du spectateur pour qu’il y ait la possibilité d’un processus artistique. Ce que l’idée de l’activité artistique indique est qu’il s’agit toujours d’une manière non pas close et passive d’éprouver un dispositif extérieur, mais au contraire de l’épreuve d’une co-réalisation effective. Le signe d’une crise sans précédent pour l’activité artistique se trouve dans sa transformation irréductible en objets et en valeurs symboliques caduques et silencieuses. Ce silence est infini parce qu’il replie l’être sur une perte de la connaissance. La connaissance n’est pas l’accumulation du savoir mais l’épreuve de l’usage de celui-ci. C’est parce que nous confondons toujours l’accumulation et l’usage que nous perdons le sens de l’activité, c’est-à-dire de l’agir et donc de l’activité artistique. C’est pour cela qu’il nous importe toujours de penser que la relation infiniment oubliée et occultée entre aliment et élément est fondamentale. Elle indique ce que nous refusons de penser et qui est que dans l’usage il nous est impossible d’accumuler : c’est le silence de cette relation qui est inscrit dans la racine des termes aliment et élément. Or si nous accumulons nous perdons la possibilité d’une épreuve de l’activité artistique et la teneur de notre vivant matériel. C’est cela qui est aussi indiqué dans le koiliodaimôn.

MENU

L’anchoïade de Croze
La salsa verde comme condiment
« Trimma » comme assaisonnement
Terrines de porc aux herbes
Erbazzone à la brousse et aux œufs
Sardines à l’escabèche
Bonites grillées au fenouil sauvage
Barigoule provençale
Herbes & salades
Tomates de jardin
Œufs brouillés au caviar martégal
Tomettes de Camargue
Fraises, melons & abricots
Brioches & fougasses
Confiture de fraises à la nepitèlla
Confiture d’abricots
Vins & eaux

Édition, impression offset de 9 cartes, reliées par un bandeau

numérotée et signée sur 200.

Pages de VENTRE-DIEU 3

VENTRE-DIEU 3

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© virgile fraisse

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© diane moulenc

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© diane moulenc

Commanditaire : ENSP Arles

Dédicace : Christian Gattinoni & les diplômés 2016

Remerciements : Ville d’Arles, Rémy Fenzy, Philippe Guignard,

Mathieu Gardiola, Johann Villedieu

MMXVI

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